Written by Steve Mvondo

In Mali, freedom of expression has not been abolished. It has simply been emptied of its substance, like a right of which only the word remains. On paper, journalists can still publish, debate, and inform. But in reality, silence is gaining ground.

Depuis la prise de pouvoir par les militaires en 2020, la liberté d’expression au Mali s’est transformée en acte de courage parfois même de défi.

La liberté de la presse au Mali
Au Mali, avec plus de 1000 médias, journaux, radios et TV subissent de grands défis économiques et une censure croissante. La liberté de presse est compromise par des crises sécuritaires dans le pays et le Sahel, mettant les journalistes en danger.


Every report, every word spoken on air, every social media post is now carefully weighed. Behind every line, there is the risk of being summoned, censored, arrested, or simply erased from public debate. It is still possible to inform, but exercising this freedom now comes at a price.

Plusieurs figures publiques en ont déjà fait les frais. Moussa Mara, ancien Premier ministre, Mohamed Bathily, dit Ras Bath, célèbre chroniqueur et animateur radio, ainsi que d’autres journalistes, influenceurs et leaders d’opinion, ont été inquiétés, arrêtés ou portés disparus après avoir exprimé des opinions critiques à l’égard du pouvoir.

Mali: Moussa Mara's arrest, the final blow to an already muzzled opposition
Following the dissolution of the parties and the extension of military power, the arrest of the former Prime Minister marks an unprecedented repressive turn by the junta against the Malian political class.
In Mali, influencer "Rose la vie chère" kept in prison
Imprisoned for two months for "incitement to revolt", Rokia Doumbia was due to be released on bail at the beginning of May.

La peur ne se proclame pas, elle s’installe. Dans les rédactions, elle se glisse entre deux phrases. Dans les studios, elle s’entend dans les silences. Sur les réseaux, elle se devine dans les mots codés, les prudences calculées.
Les journalistes maliens n’ont jamais autant parlé de liberté, mais rarement avec autant de retenue.

When informing becomes suspect

Depuis 2021, plusieurs médias internationaux ont été suspendus : RFI, France 24, Jeune Afrique, ou encore Le Monde Afrique, accusés de porter atteinte à l’image du pays.
Des journalistes locaux, eux, ont été interpellés, intimidés ou mis sous surveillance. D’autres ont préféré s’exiler, le temps que « les choses se calment ».
Le simple fait d’évoquer certains sujets la gouvernance, les affaires militaires, les relations diplomatiques peut valoir une convocation au nom de la « sécurité nationale ».

« On peut parler, oui, mais pas de tout, et surtout pas de tous. »
confie un journaliste d’une radio privée à Bamako. Le message est clair : la liberté d’expression existe, tant qu’elle ne dérange personne.

Face à ce climat, l’autocensure s’est installée comme un réflexe de survie.
Des journalistes réécrivent leurs papiers plusieurs fois pour éviter « les mots qui fâchent ».
Certains médias préfèrent ne plus couvrir la politique nationale, se concentrant sur la culture, le sport ou la vie associative. D’autres renoncent à diffuser certaines enquêtes, par crainte de « problèmes ». L’autocensure n’est pas imposée par décret ; elle s’impose d’elle-même, par épuisement, par peur ou par prudence.
 Dans un contexte où l’information dérange, le silence devient une stratégie professionnelle. 

Social networks under high surveillance

Autrefois perçus comme un espace de liberté, les réseaux sociaux sont désormais un champ miné. Des influenceurs proches du pouvoir orchestrent des campagnes d’intimidation en ligne contre les journalistes jugés « trop critiques ».
 Certains comptes anonymes relayent des informations personnelles, publient des menaces, ou accusent les journalistes d’être « anti-patriotes ».

Ordinary citizens have been called out for posts deemed hostile to the transition. "Walls have always had ears. Today, screens do too," says one online journalist. 

Freedom of expression exists, but it is fragile

Le Mali reste un pays où la parole circule, où les débats existent encore. Mais cette liberté est aujourd’hui conditionnée : on peut parler, tant qu’on ne touche pas à ce qui dérange. La promesse constitutionnelle d’une presse libre se heurte à une réalité faite de surveillance, d’intimidation et de fatigue morale. Pourtant, la presse malienne n’a jamais été aussi déterminée à survivre Elle s’adapte, se réinvente, s’organise. Dans les zones rurales comme dans les capitales, des voix continuent de se lever, souvent dans l’anonymat, parfois dans la peur, mais toujours avec la même idée : dire, malgré tout.

Dans un pays où chaque mot peut coûter cher, écrire devient un acte intime de résistance.
Les journalistes maliens ne réclament pas des privilèges, seulement le droit de faire leur travail sans craindre d’y laisser leur liberté. Leur plume n’est pas militante ; elle est humaine.

Because in Mali, freedom of expression has not disappeared. It survives, but not always after the expression.